Comment suivre ma trésorerie ?

La Maison de l'Entrepreneur vous donne tous ces conseils pour bien gérer votre trésorerie !

Comment suivre ma trésorerie ?

Parmi les actes de gestion d’une entreprise, il en est un qui est déterminant pour son développement, presque autant que de faire croître son chiffre d’affaires : suivre sa trésorerie et l’anticiper.

Devant les tribunaux de commerce, il est courant de rencontrer des dirigeants dont la société est en croissance et qui traduisent à leur manière l’adage souvent utilisé en gestion d’entreprise : « On peut mourir en bonne santé. » Une société qui ne finance pas sa croissance et n’a pas mis en place un suivi de trésorerie fiable et pérenne peut se retrouver dans une situation où la seule manière de s’en sortir est de se mettre sous le couvert de la loi relative aux procédures collectives (dépôt de bilan, redressement et liquidation judiciaires).

Que doit-on surveiller ?

Dans la vie d’une entreprise qui vient d’être créée, plusieurs procédures qui s’imposent à elle risquent d’obérer de manière significative sa trésorerie.

1. La TVA

Les contribuables qui ont choisi le régime simplifié de TVA reçoivent, au cours du premier exercice social de leur activité, des déclarations vierges. C’est au gérant de la société d’évaluer le montant de la TVA trimestrielle qu’il doit à l’administration. S’il décide de ne pas payer toute la TVA qu’il doit au titre du 1er trimestre mais de la régler au travers de la déclaration du 2e trimestre, Bercy n’a pas les moyens de s’en apercevoir, sauf à effectuer un contrôle sur pièce. Aussi peut-il être tenté de décaler de la TVA à régler d’un trimestre sur l’autre, voire de se dire (et de le faire !) : « Je vais payer de très petits acomptes et je réglerai le solde au moment de la déclaration récapitulative, après la clôture de mon exercice financier. »

Dans le processus de déclaration de TVA, les opérations relatives au dernier mois de l’exercice sont intégrées dans la déclaration de TVA récapitulant toute l’année, et produite 3 ou 4 mois après la date de clôture de l’exercice financier. Ainsi, il s’écoule du temps entre l’accumulation de la TVA et la date de reversement à l’administration.

La deuxième année d’existence, toujours dans le régime simplifié de TVA, les déclarations pré-remplies envoyées par l’administration sont réalisées en référence à la TVA acquittée au cours de l’exercice précédent. Toutefois, il est normal de penser qu’au cours de la deuxième année de vie de l’entreprise le chiffre d’affaires va croître sensiblement, et donc, incidemment, la TVA qui doit être reversée au Trésor public. Ainsi, pendant cette deuxième année, la société encaisse des revenus plus importants et ne reverse la TVA qu’au prorata de celle de la première année.

Rappelons que la première année il est souvent généré beaucoup de TVA déductible, eu égard aux frais de lancement, de mise en place de la stratégie et de la politique commerciale, etc. Ainsi, la première année, un gérant d’entreprise qui a des soucis de trésorerie peut être tenté de ne pas payer sa TVA régulièrement ; or, la deuxième année, le même gérant paie de la TVA a priori à un niveau moindre que ce qu’il devrait acquitter ; il accumule donc une dette de plus en plus importante… à suivre avec précision !

2. Les charges sociales

Le calcul et le mode de recouvrement des charges sociales s’apparentent à ceux de l’impôt sur le revenu. Si, au cours de l’année N, un gérant de société se rémunère nettement plus qu’en N-1, le temps qu’il fournisse à l’administration le montant de sa rémunération et que cette dernière procède au calcul définitif des cotisations sociales dues, il s’écoule plusieurs mois.

Rappelons que cette procédure en deux temps (déclaration, puis calcul et appel du solde des cotisations) ne concerne que les gérants majoritaires de SARL ou les entrepreneurs individuels ayant opté pour une imposition à l’impôt sur les sociétés dans une EIRL.

3. L’impôt sur les sociétés

La première année, l’État ne demande pas aux sociétés qui viennent de s’immatriculer de payer des acomptes d’impôt sur les sociétés – de même que les personnes fiscalisées pour la première fois ne paient pas de tiers provisionnel d’impôt sur le revenu.

Dans l’hypothèse d’un premier exercice financier long (plus de 12 mois) et d’un bénéfice, la société doit acquitter la totalité de son impôt sur les sociétés 3 mois et demi après la clôture de son exercice. Par exemple, une société constituée en avril N et dont les comptes sont clos la première fois au 31 décembre N+1 déclare et paie la totalité de son impôt sur les 20 premiers mois de son activité le 15 avril N+2.

Selon l’activité et le montant du bénéfice, le chèque peut éventuellement être significatif. De plus, dès le 15 juin N+2, un autre chèque d’acompte d’impôt sur les sociétés sera demandé, représentant la moitié du montant de l’impôt acquitté pour la première année.

Tout bénéfice en augmentation génère une dette d’impôt sur les sociétés à régler plus tard… également à suivre avec précision.

Que faire pour améliorer sa gestion ?

Dans ces situations, il est patent que la société accumule des dettes dès qu’elle encaisse les paiements de ses clients, augmente sa marge ou rémunère son gérant. Ainsi, sur le compte bancaire de l’entreprise, il est une somme plus ou moins significative qui n’appartient pas à la société mais représente des dettes à reverser à plus ou moins longue échéance. Il est impératif de suivre l’état de ces dettes, indépendamment des déclarations et appels de cotisations émis par l’administration.

Ainsi, il est recommandé d’établir un tableau de suivi des sources de dettes et de le mettre à jour de manière régulière :

  • TVA à payer
  • Charges sociales sur la rémunération
  • Dettes fournisseurs
  • Estimation de l'impôt sur les sociétés

L’objectif est - au moins de manière trimestrielle – d’une part de mettre en regard les dettes accumulées et la trésorerie disponible, d’autre part d’isoler les dettes certaines. Par dettes certaines, il faut comprendre celles qui seront de toute façon demandées en paiement. Il s’agit notamment de la TVA encaissée, des charges sociales dès l’instant où l’entrepreneur a perçu une rémunération. Cet impératif milite pour un suivi régulier de sa comptabilité.

Récapitulatif

Suivre sa comptabilité et ses dettes – surtout celles qui ne sont pas encore mises en recouvrement – est indispensable si l’on ne veut pas avoir de très mauvaises surprises.

Tout peut s’anticiper (charges sociales, TVA et impôt sur les sociétés) plusieurs mois avant le moment de payer.

Conseil : si possible, les premières années, pour chaque encaissement, prévoir de placer 15 à 20 % du montant TTC sur des sicav monétaires, des comptes à terme, etc.

 

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